Après 45 ans d’existence notre ordre professionnel devrait naturellement être comme le voudrait l’esprit de la loi créative, le conseiller privilégié des autorités en matière de santé et d’exercice de la médecine.

Cependant, force est de constater qu’il n’a  pas pu suivre les mutations et s’adapter au contexte marqué par le foisonnement  d’autres  organisations et institutions. Notre ordre avec le temps a perdu de son prestige ,de son influence, et s’est réduit à un organe consultatif ou disciplinaire simplement.

Il s’agira pour nous de redonner au corps médical toute son aura et sa respectabilité en replaçant notre ordre dans ses valeurs fondamentales de défense de l’honneur de la probité et de l’éthique mais  aussi en faisant un élément central dans l’orientation et dans les conditions d’exercice de la médecine dans notre pays.Pour cela :

Il nous faudra décliner un programme qui va s’articuler autour de plusieurs axes.

1. LA REDEFINITION ET LE RECENTRAGE DU ROLE DE L’ORDRE :

Elle se fera par l’organisation des journées d’étude de partage et de discussion autour des textes et lois de bases (lois et décret 66) de leur mise à niveau par rapport au contexte juridique et à l’évolution de la science et des défis du monde contemporain. C’est l’harmonisation, la re-conceptualisation et la réactualisation des textes (code de déontologie, loi sur l’exercice).

2. LA COMMUNICATION DANS LA COMMUNAUTE MEDICALE ET AVEC L’EXTERIEUR :

En dehors de la communication dans le cadre administratif (respect des procédures de convocation, tenue régulière des réunions, installation des instances… transmission des procès verbaux, comptes rendus aux membres du conseil… il nous faut développer une communication :

  1. D’Abord verticale entre l’ordre et les Médecins par l’organisation des rencontres et de tournées dans les régions regroupant : médecins privés, organisations administratives ou sociales, autorités médicales pour échanger sur le rôle de l’ordre et l’état d’exercice de la médecine.
  1. Puis transversale : conférence de presse, rencontre avec les Assemblées, le Conseil Economique et Social, le ministère de tutelle, la Présidence, les Juridictions, les Universités et Ecoles de formation, rencontre avec les autres professionnels de santé (syndicats, ordres, associations).
  2. Enfin politique d’ouverture internationale : Adhésions associations médicales africaines et internationales.

Il s’agira globalement par une politique de visibilité mais aussi de communication responsable sans excès de nous positionner comme partenaire incontournable et de donner notre avis sur toutes les questions qui le requièrent pour renforcer la crédibilité et la notoriété des médecins. Dans ce cadre  la réédition du CADUCEE ou du BULLETIN DE LIAISON DE L’ORDRE qui va être une priorité.

3. LA MORALISATION DE l’EXERCICE DE LA MEDECINE :

Il est de notoriété publique que partout s’installent, s’ouvrent des cabinets et autres structures par des « Docteurs » à la qualification professionnelle douteuse. L’ordre devra assumer sa responsabilité de protection de l’exercice de la médecine en accord avec les autorités compétentes pour contrôler l’ouverture de ces cabinets ou cliniques ou les aider à se régulariser. Il en est de même des publicités tapageuses et obscurantistes par des charlatans à travers presses et autres médias.

4. LA PREVENTION DES CONFLITS ET LEURS REGLEMENTS :

L’ordre devra à travers ces commissions développer l’esprit de confraternité et de respect mutuel, faire prévaloir le dialogue et les règlements amiables en cas de conflit et sans compromission, se fonder sur les principes de justice et d’équité. A ce titre le recours aux juridictions devrait être l’exception.

5. L’ENTRE AIDE, LA SOLIDARITE, LA PROMOTION SOCIALE :

La profession médicale est une profession de dignité, le Médecin a le privilège d’exercer son art au service de l’humanité, il ne doit le faire dans la médiocrité et pour sauver son indépendance il doit être à l’abri du besoin matériel. Pour se faire, tout en expliquant aux médecins et particulièrement aux jeunes confrères qu’en faisant son métier avec dévouement et abnégation on en vivra naturellement décemment et qu’il  ne faut pas être ni pressé ni obnubilé par l’argent, nous devons développer des politiques et stratégies novatrices pour :

  1. Aider les médecins à s’installer (politiques de banques, de subvention, de regroupement, de projets) ;
  2. Aider à la couverture médicale par les assurances (travail à faire avec les syndicats) ;
  3. Aider à la retraite complémentaire ;
  4. Gratuité des soins ;
  5. Caisse de solidarité alimentée à partir d’un pourcentage des cotisations et gérée par la commission sociale.

6. AUGMENTATION DES RESSOURCES :

L’indépendance de notre activité suppose l’augmentation de la capacité financière de notre institution. Il nous faudra :

  • Augmenter le nombre de cotisants en étant coercitif et en rendant l’ordre plus attractif par nos actions ;
  • Rappeler les cotisations par lettre ou SMS ;
  • Augmenter le taux de cotisation ;
  • Organiser  un événement annuel majeur à l’instar d’autres corps professionnels par exemple gala annuel du corps médical, ce sera un gala thématique autour d’une pathologie ciblée avec comme partenaires les universitaires qui y travaillent et les firmes pharmaceutiques spécialisées comme bailleurs. Ce sera aussi l’occasion de faire un hommage à nos maîtres et présidents honoraires de l’ordre, le format définitif sera retenu par la commission des finances et toutes les bonnes volontés pouvant rejoindre le comité d’organisation. On devra en faire un moment exceptionnel, c’est un challenge à réaliser.

7. AMELIORATION DE LA GOUVERNANCE DE L’ORDRE :

En l’état des textes, les conseils de sections n’ont pas de personnalité juridique et les organes de l’ordre sont constitués du Président du Conseil National et le règlement intérieur ne fait pas le tour de toutes les questions. Il faudra élaborer un manuel de procédures internes comptable et administratif qui renforce le règlement intérieur en précisant les procédures de convocations, de votes, de représentation, de décaissement, d’achat de nomination, d’embauche, de legs….

Dans cette perspective il nous faut aussi préciser les mandats voir dans le cadre du toilettage des textes, réfléchir à la limitation du nombre de mandats et à la fonction de représentation ou de conseil du président honoraire.

8. DELOCALISATION OU REFECTION DU SIEGE :

C’est aussi une possibilité mais elle dépendra de notre capacité à trouver des ressources, nous sommes, surs qu’en y croyant, nous pourrons dans les années à venir trouver les moyens d’avoir un autre siège ou réfectionner celui la jusqu’à le mettre au niveau de notre ambition.

Tels sont les chers confrères les 8 grands axes dont chacun peut constituer un programme pour poursuivre le travail et espérer améliorer la contribution que les autres maîtres et confrères tous aussi prestigieux les uns et les autres en passant par le Pr Birame Diop, le Dr Mbaye Ndoye, le Dr Is. Sy, le Pr Lamine Sow ont essayé avec beaucoup  de dévouement et d’honneur à apporter à notre profession et à toute la communauté médicale.

Je voudrais donc demander solennellement à mes pairs de m’accorder leur confiance pour apporter dans la transparence, la collégialité, la délégation mais aussi dans l’assumassion sans complaisance de mes rôles, ma contribution à l’œuvre de promotion, de protection de l’exercice de la médecine dans une parfaite ambiance de confraternité de probité et d’éthique.

Dr Cheikh A. Bamba Diop